mardi 21 février 2017

Vodoun Festival Benin West Africa 2017

Andoche Adjovi dresse un bilan de satisfecit

Interrogé pour faire le point du Vodoun Festival Bénin West Africa qui s’est déroulé du 09 au 11 Janvier 2017 à Ouidah, l’artiste-chercheur Andoche Adjovi, promoteur dudit événement nous dresse un bilan de satisfecit par la participation  enrichissante de la délégation internationale.

 


Honoré  par la participation de l’ambassadeur de l’Allemagne près le Bénin Hans Jörg Neumann et des amis touristes et chercheurs venus des Etats-Unis, de l’Italie, de la Belgique, des journalistes de la  radio Nova de Paris, France, Vodoun Festival Bénin West Africa 2017 s’est révélé comme l’événement le plus original de l’année du point de vue touristique.

Dans son bilan, le promoteur de Vodoun Festival Bénin West Africa, Andoche Adjovi a confié que ce n’est pas de l’argent mais qu’il a eu de bons résultats avec de bons contacts pour la pérennisation de l’événement.
Il a poursuivi en rappelant qu’il est à la dixième (10ème) édition de cet événement et c’est de concept en concepts qu’il est parvenu à retenir  Vodoun festival Bénin West Africa pour élargir le champ au continent africain. Nous avions commencé au départ par le Festival Vodoun Gambada et familles, a-t-il précisé.
En termes de projet, il a d’abord souligné qu’il envisage ouvrir une  radio et une télévision Vodoun puisque presque toutes les religions ont ces canaux de communication et d’audience pour le Bénin,  l’Afrique et  le monde. A cet effet, il invite des partenaires sérieux et fiables à la concrétisation de ce projet qui est l’affaire de tous les acteurs du monde endogène, au Bénin, en Afrique et dans le Monde. Il a ensuite annoncé  le tournage d’un film documentaire qui  démontre les liens de complémentarités entre le Vodoun, les Arts, la Culture et la traite négrière.
Résignant à sa vie d’artiste compositeur, chanteur et interprète, il a expliqué que la culture et le cultuel vont de pair. « Même si je ne sors pas d’album, je fais des recherches sur des rythmes et chants rituels dans les temples et couvents. J’apprends beaucoup dans ces milieux », s’est-il  justifié.


Hommage à vodoun Lègba

Considéré comme le messager, le gardien, le démolisseur et l’accomplisseur qui est au début et à la fin de toute chose sur cette terre, le Vodoun Lègba a eu le mérite d’être le plus honoré de cette édition de  Vodoun festival Bénin West Africa 2017. Nous avons choisi ce Vodoun Lègba cette année pour lui rendre hommage parce qu’il est au cœur de ma famille « Adjovi Lègba » indiquait-il. Des offrandes, bénédictions et sacrifices ont constitué le menu de cet hommage à l’ouverture du Festival.
Classée dans le circuit Vodoun des activités de ce Festival, la visite des Temples des Vodoun Mami, Gambada, Tchango, Ibedji, Egungun, Ogun suivie des cérémonies de purification, a impressionné tous les participants internationaux de cette édition, a laissé entendre le promoteur Andoche Adjovi.
Notons également que des expositions de photo d’art, la visite de quelques galeries de la ville de Ouidah, la projection de films, la conférence-débat sur le thème « La face cachée du Vodoun ont meublé Vodoun festival Bénin West Africa 2017.



lundi 13 février 2017

FESPACO 2017

Sept films béninois à l’épreuve des différents prix


Dans le cadre de la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma de Ouagadougou (Fespaco) qui se déroulera du 24 février au 04 mars 2017 au pays des hommes intègres, huit films provenant du Bénin ont été nominés dont sept en compétition officielle et une en sélection officielle.



« L’orage africain » de Sylvestre Amoussou, « Le pantalon rouge » de Hervé Djossou, « Okuta, la pierre » de Ayéman Aymar Esse, « Les Chenapans » de Christiane Chabi-Kao, « La mangrove, une richesse pour le lac Aheme » de Blandine Kpade, « Nectar d’un pays » de Fidel Hounhouede, « La maladie de la honte » de  Giovania Atodjinou-Zinsou.
Tels sont les titres des différents films béninois retenus en compétition officielle au Fespaco 2017. Le huitième intitulé « Le voyage des oubliés » de Sènami Kpetehogbe est le seul long métrage du Bénin retenu en sélection officielle dans la catégorie panorama.
Ces films sont respectivement en compétition dans les catégories long-métrage, court-métrage, documentaire, série télévisuelle et les trois derniers en film des écoles africaines de cinéma. Dans la catégorie long-métrage vingt (20) films sont en compétition. Dans la catégorie documentaire vingt et un (21) films sont en compétition. Dix-huit (18) sont nominés dans la catégorie court-métrage. Dans la catégorie série télévisuelle, nous avons vingt et un (21) films nominés. Dans la catégorie  des films d’école, dix-sept (17) films sont nominés dont trois du Bénin.

Des habitués de prix en lice

Ils sont de retour pour faire honneur à leur très chère patrie le Bénin. Plusieurs fois lauréats de plusieurs prix des festivals de cinéma dans le monde, ces habitués de prix sont ces réalisateurs qui font parler d’eux chaque fois à la sortie leurs films. Nous pouvons noter, Christiane Chabi-Kao qui est l’une des rares réalisatrices Béninoises spécialisées dans le genre de série télévisuelle. Elle a été lauréate avec son film intitulé « les inséparables » du prix Africa Numérique à Vues d'Afrique à Montréal et du prix spécial des droits humains au Fespaco en 2007. Sylvestre Amoussou qu’on ne présente plus a parcouru tous les grands festivals de cinéma du monde avec ses deux  longs métrages antérieurs (Africa paradis et Un pas en avant…les dessus de la corruption) avec bien sûr des prix.
Sènami Kpètehogbé, un pur produit de l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuelle (Isma) est à son premier long métrage. Il a été lauréat de plusieurs prix dont entre autres : le prix meilleur film d’école au  « Kob awards »  2011, le 3ème prix du film fiction au festival « Cinéma pour tous » 2011 au Maroc, 1er prix du film fiction de l’UEMOA au festival » Clap Ivoire » 2011 en Côte d’Ivoire. 
Ayéman Aymar Esse, également un produit de l’Isma a aussi gagné des prix dont le dernier est avec son documentaire « Okuta » en compétition au Fespaco dans cette catégorie, au Festival International de Cinéma Vue d’Afrique de Montréal.

Blandine Kpadé quant à elle, étudiante en Master 1 du journalisme à l’Isma, s’est révélée avec son documentaire « La mangrove, une richesse pour le lac Aheme » qui a gagné le prix du meilleur film documentaire de l’Uemoa au Festival « Clap Ivoir » 2016.

mercredi 8 février 2017

Projection des six meilleurs films de Rebi@p 2016

Le  cinéma à la portée des  populations des 12 départements du Bénin

Dans le cadre des activités d’après festival, le promoteur des Rencontres de belles images africaines à Parakou (Rebi@p), Eric Nougloi avec son comité d’organisation, ont effectué du 11 janvier 2017 au 05 février 2017 une tournée de projection des six meilleurs films primés des Rebi@p 2016, dans les douze départements du Bénin.


les jeunes filles entrain de suivre un film

 « Health war »  de Kismath Baguiri, « Kindred Souls » de réalisateur Teddy Attila, « Kpangal, le mariage peulh » de Pascal Folikoué, « Mon mari » de  Ayité Jean-Paul, « Enfant Soleil » de Ishaq  Chewou, « Lokotoro » de Assogba Félicien, « Quand les fleurs se battent» de Ignace Yetchenou sont les six meilleurs films primés lors du Festival des Rencontres de belles images africaines à Parakou (Rebi@p) qui s’est déroulé du 14 au 24 décembre 2016 dans la capitale septentrionale du Bénin.
Ces films ont été primés respectivement dans les catégories suivantes: Meilleure réalisation et meilleur montage, meilleure image, meilleur son, meilleur scénario, prix d’intervention sociale, meilleur acteur et prix spécial du jury.
L’objectif fondamental de cette tournée de projection a rappelé le promoteur des Rebi@p, est  de positionner le film « Made in Bénin » au même titre  que les films du Nigéria, du Burkina-Faso, de la Côte-d’Ivoire etc. de faire de reconnaisse du cinéma africain et d’asseoir  progressivement une industrie cinématographique forte au Bénin. Ces projections qui ont duré près d’un mois  ont suscité des engouements, des passions et de l’amour à la chose cinématographique au niveau du public constitué majoritairement des jeunes filles déscolarisés et « filles-mères ».
De N’dali, Gogounou, Djougou, Natitingou, Savè, Tindji, passant par Sakété, Akpro-Missérété, Cotonou, Calavi, Comè et Kouékanmè, les populations ont massivement effectué le déplacement pour vivre le cinéma apporté à eux gratuitement.


Les films projetés portent tous sur différents thèmes, suivis de débat interactifs animés en langue   française bariba dendi fon et nagot grâce à la capacité des polyglottes de l’équipe de diffusion. Cette  action est aussi rendue possible et soutenue par les administrateurs locaux, les membres de développement local et des associations de développement acquis à notre cause, apportant ainsi leur contribution dans la mobilisation des populations. A la date  de ce jour, il y a eu douze séances de diffusion de films post festival dans les douze départements du Bénin.
Ainsi à  l’issu de cette activité nous avons impacté plus de deux mille spectateurs. Il est à noté que dès que nous approchons la cible,  les enfants et même les femmes crient à tu tête « ReBI@P, ReBI@P ReBI@P... », à ne pas en finir, dansant, rigolant venant à notre encontre.
Ces films ont été diffusés dans des Salles de classe, les auto gares, Terrains de sport, Espaces privé, Places publiques, et Marchés des villages et arrondissements de ces douze communes qui représentent les douze départements du Bénin.


Plusieurs difficultés ont pesé

Elles sont d’ordre administratif et matériel. Le chef de mission, Boukari Osseni Nasser a confié que certains de leurs matériels ont pris des coups à cause de l’impraticabilité de certaines voies notamment à Djakotomey, la surtention du groupe électrogène qui a fait perdre à l’organisation deux ordinateurs et leurs chargeurs. Aussi, le refus d’accord d’autorisation de certains chefs quartier à diffuser sur les places publiques ralentit parfois les séances de projection.
Pour le promoteur Eric NOUGLOI, il y a eu sur le terrain un besoin de réinsertion sociale des populations surtout les jeunes filles déscolarisées  qui nourrissent juste après les projections, la passion d’aller au cinéma et un gain d’intérêt pour la réalisation, production et le jeu d’acteur.

Plusieurs observations  et recommandations ont été faites aussi bien par le public que par les missionnaires dont entre autres: les prochaines tournées de projection avec quelques réalisateurs primés, la création d’espaces de projection, la diffusion périodique des films etc.

 Les films projetés portent tous sur différents thèmes, suivis de débat interactifs animés en langue   française bariba dendi fon et nagot grâce à la capacité des polyglottes de l’équipe de diffusion. Cette  action est aussi rendue possible et soutenue par les administrateurs locaux, les membres de développement local et des associations de développement acquis à notre cause, apportant ainsi leur contribution dans la mobilisation des populations. A la date  de ce jour, il y a eu douze séances de diffusion de films post festival dans les douze départements du Bénin.
Ainsi à  l’issu de cette activité nous avons impacté plus de deux mille spectateurs. Il est à noté que dès que nous approchons la cible,  les enfants et même les femmes crient à tu tête « ReBI@P, ReBI@P ReBI@P... » à ne pas en finir. Dansant, rigolant venant à notre encontre.
Partout dans les villes et villages, l’accueil est chaleureux dans certaines communautés, nous sommes conviés à un repas fraternel. Ces populations dans leur extase lâchaient fièrement que cette initiative leur a  donné le goût de vivre puisque nous  sommes allés jusqu’à eux dans leur retranchement. Femmes, hommes  petits et grands,  sont tous heureux de nous revoir aux prochaines éditions pour renouveler leur bonheur.

lundi 16 janvier 2017

Développement du cinéma au Bénin


Roufayi Boni expose sur le cas Rebi@p: « cinq ans après, bilan et perspectives »


L’une des communications les plus instructives et constructives de la 5ème édition du Festival Rencontres de belles images africaines à Parakou (Rebi@p) qui s’est déroulée du 14 au 24 Décembre 2016, est celle du juriste Roufayi Boni, membre du comité d’organisation. Tenue dans les locaux du Centre Guy Riobé, la communication est intitulée : “Rencontres de Belles Images Africaines à Parakou, cinq ans après: bilan et perspectives”.



Dans sa démarche, il a développé la thématique en quatre chapitres dont: Justification et Objectifs poursuivis; Activités Importantes Exécutées; Bilan et Progrès enregistrés; Contraintes majeures et Perspectives. Il s’est agi pour le communicateur de faire la synthèse de l’événement de la première jusqu’à la cinquième édition et de déboucher sur des propositions qui augurent de lendemain meilleur.
Au premier chapitre, Roufayi Boni a expliqué que les ReBI@P puisent leur fondement des grandes mutations observées ces 10 dernières années dans le secteur du cinéma et de l’audiovisuel africain en général et au Bénin singulièrement. Dans ses détails, il a fait des observations suivantes en ce qui concerne le Bénin :
-         La création de plusieurs écoles et instituts de formation professionnels aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel  à Cotonou et à Parakou dont entre autres l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel (Isma), l’Institut régional supérieur des beaux-arts et de la communication (Isbac) ;
- Diverses subventions à travers des institutions publiques telles que le Fonds d’Aide à la Culture, et le FAPA (Fonds d’Appui à la Production Audiovisuelle) ;
-          Organisation périodiques de sessions de renforcement de capacités au profit des professionnels du secteur aussi bien par le Centre National de la Cinématographie et de l’Image Animée (CNCIA) et le FAPA;
-          L’adoption d’un Code de la Cinématographie (en attente  de promulgation);
- La réfection des salles de cinéma sur toute l’étendue du territoire national.
Productions cinématographiques, festivals et autres initiatives de promotion
-         Une quantité importante d’œuvres produites par les professionnels béninois (cependant pas de statistiques fiables) ;
-          Organisation de plusieurs festivals et autres actions  dans le secteur du cinéma (tels que: Quintessence, CNA ; les oscars FETOUDAS, FICECO, Lagunimages, Cinéma dans la cité, FITMAC, Kobs Awards, Festival Films courts, ReBI@P, Festival Nègre, les Ecrans du FAPA, la nuit du cinéma etc.)
-         Nombreux succès des œuvres des étudiants de l’ISMA aux festivals «Clap ivoire» en Côte d’Ivoire et «Marrakech» au Maroc;
-          En 2011 et 2013 au FESPACO, prix du meilleur acteur;
-          En 2014 au FIFP le Bénin est lauréat du lauréat du DIKALO Award du meilleur court métrage avec  le film «A Cœur ouvert» du jeune réalisateur  AYEKORO Kossou   
-         Malgré ces quelques progrès enregistrés, le cinéma béninois est confronté à des problèmes importants
-         La production locale n’est pas encore concurrentielle face à la prédominance et la forte consommation des produits européens, asiatiques et américains par les populations ;
-         Les productions cinématographiques foisonnent mais il est rare de tomber sur un film de bonne qualité est conforme aux normes et standards internationaux ;
-          - Les professionnels du secteur ne vivent pas encore de leur métier;
 Face à tout ce qui précède et au regard du riche patrimoine culturel dont regorge le Bénin, le Festival International de Cinéma les «Rencontres de Belles Images Africaines à Parakou» offre un creuset efficace de réflexion et de résolution des problèmes soulevés supra.
L’objectif global des Rebi@p est de promouvoir la diversité culturelle africaine et de favoriser un meilleur cadre de reconnaissance du 7ème art africain et béninois en particulier a-t-il confié avant de préciser celui spécifique qui est de  positionner des films béninois au même titre que ceux du Nigéria, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire etc. sur de grands festivals africains et continentaux, pour enfin asseoir progressivement une véritable industrie cinématographique au Bénin.
Parlant des activités importantes exécutées qui constituent le deuxième chapitre de sa communication, Roufayi Boni a notifié celles qui suivent :
-         Des renforcements de capacités des professionnels du secteur afin de rendre leurs œuvres plus compétitives sur le marché du cinéma ;
-          Des rencontres d’échanges entre professionnels du cinéma et de l’audiovisuel (assorties de propositions concrètes aux fins de relever le niveau du 7ème  art béninois) ;
-          La diffusion massive aux communautés béninoises, des meilleurs et récents films du Bénin et du  FESPACO;
-           Des hommages rendus aux acteurs et personnalités qui œuvrent pour le développement du secteur ;
-          La distinction des meilleures œuvres cinématographiques béninoises ;
-          Un plaidoyer pour l’amélioration du cadre juridique et pour le financement public du secteur
-         Enfin une foire au cinéma pour permettre aux populations de se procurer facilement les œuvres cinématographiques africaines
Faisant le bilan et progrès enregistrés dans le troisième chapitre, il a confié qu’en cinq éditions, environ 300 projections de films sur 20 lieux et espaces à Parakou, le passage de 102 réalisateurs et comédiens (Bénin et du continent africain) sur le festival, une vingtaine de distinction de prix pour ne citer que ceux-là. Les progrès enregistrés indiquait-il, sont notamment : la reconnaissance et adhésion massive des professionnels du secteur et écoles et centres de formation; l’implication des ministères sectoriels (MCAAT et MEF) en termes de financement et d’assistance technique; et Contribution de la mairie de Parakou; l’accompagnement des promoteurs d’espaces culturels de la ville (mise à disposition des infrastructures et logistiques); Partenariat avec plusieurs institutions telles que: le FESPACO, l’Institut français du Bénin, Cinéma Numérique Ambulant.

Dans le développement du dernier chapitre intitulé : « Contraintes majeures et Perspectives », il a cité les contraintes telles que : le manque de ressources financières et matérielles pour mettre en œuvre les différentes activités; le manque de salles de projection appropriées; la lenteur dans le processus de décaissement des subventions accordées par l’Etat et inscrit enfin, en terme de perspectives, l’institutionnalisation du festival / Faire le plaidoyer pour inscrire le festival au budget de la ville de Parakou et le budget de l’Etat etc.

mercredi 4 janvier 2017

Contraintes sociales de réalisation des films documentaires sur « le sacré »

Le réalisateur Béninois Ignace Yetchenou partage son expérience

A l’occasion des Rencontres de belles images africaines à Parakou (Rebi@p) du décembre 2016, le réalisateur et acteur béninois, Ignace Yetchenou a animé une conférence sur le thème : « contraintes sociales dans les réalisations de films documentaires sur le sacré ». C’est une occasion pour le conférencier de partager son expérience aussi riche soit-elle dans ce domaine et de proposer des pistes de solutions  appropriées.

Ignace Yetchenou à l'occasion de la communication 
C’est une communication très particulière par son angle qui a accroché tous les festivaliers participants du début jusqu’à la fin. Très sensible et souvent contraignante, la thématique fait objet d’intarissables discussions quand il s’agit d’adopter une solution scientifique aussi bien qu’au niveau des réalisateurs professionnels que des étudiants-réalisateurs qui ne savent souvent pas la démarche  appropriée à entreprendre, car celui qui dit rituel dit « secret » et l’africain gardien de cela avec des pouvoirs mystiques de défense,      y veille au risque jusqu’à sa mort.
Avant de parler de son expérience, il a fait projeter son documentaire de 52mn intitulé « Oya ».
Considérant l’exemple du film « Oya » qui est le leader dans le culte vodoun des Egoungoun, ce qui veut dire ossements ou le revenant, c’est-à-dire dans la culture, la réapparition de quelqu’un qui est mort, Il a confié que les réalités de cette culture sont une croyance.
Selon lui,  le documentaire est une arme précieuse dans la main du cinéaste qui va au-delà où s’arrête l’information du journaliste.
Répondant aux questions de démarches de départ dans le processus de réalisation, il a conseillé de ne pas prendre l’argent comme moteur de négociation avec ces gens et d’identifier les personnes ressources capables d’aider jusqu’au bout, sinon on dépense jusqu’à ne point en finir.
Il a poursuivi en notifiant qu’il est plus facile de réaliser une fiction que de tourner un documentaire ressortant du sacré parce que cela implique des soumissions et des contraintes à des initiations préalables avant d’avoir accès aux secrets d’une tradition. Mais le réalisateur disait-il, est libre et cela dépend de sa négociation de départ car nous devons collaborer avec les propriétaires du sacré.
La force du documentaire, rappelle-t-il, est de faire parler les gens avec leur accord et bien sûr avec vigilance ; d’aller jusqu’au fond si le choix est de montrer avec la caméra et d’être créatif tout en cernant le milieu parce que c’est souvent un spectacle de théâtre s’agissant du sacré.