Actu culture

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lundi 24 janvier 2011

2ème phase du projet Théâtre à l’école

Christel Gbaguidi donne les grandes lignes

Le projet artistique 2010-2012 dénommé « Théâtre à l’école », initié par les Arts Vagabonds Rezo Afrik Bénin est rentré hier dans sa 2ème phase active et ce jusqu’en mai 2011. Le porteur du projet, Christel Gbaguidi a présenté le programme des activités le samedi 22 janvier 2011 à l’Auditorium du Centre culturel français (Ccf) de Cotonou.

« De janvier en Mai, 80 jeunes élèves et étudiants vont être formés en art dramatique et en la création de pièces théâtrales. Ils vont travailler sur des pièces d’auteurs contemporains tels que « Cadavre, mon bel amant » de Ousmane Aledji ; « la Cantatrice chauve » d’Eugène Ionesco ; « les Précieuses ridicules » de Molière et « la Résurrection rouge et blanche de Roméo et Juliette » de Sony Labou Tansi ». C’est en ces termes, que Christel Gbaguidi a confié les principales activités de cette 2ème phase du projet « Théâtre à l’Ecole ». Le projet « Théâtre à l’école » se veut selon lui, un creuset de rencontre, de dialogue et d’échange entre Directeurs d’écoles, professeurs de français, professionnels de théâtre, élèves, parents d’élèves et public. Pour renforcer les acquis de la première phase, Christel entend davantage maintenir le pont établi entre l’Efe Montaigne, le Ceg Godomey, le Collège Catholique Père Aupiais en étendant sur l’Ecole secondaire des métiers d’arts (Esma Abomey-Calavi). Plusieurs équipes professionnelles ont été constituées, rassurait-il, notamment professeurs, metteurs en scène, scénographes, costumiers et régisseurs pour investir ces différents collèges. Tout comme la première phase, il aura des activités périphériques telles que : la visite de l’Ecole internationale de Théâtre du Bénin (Eitb) ; la visite de la Librairie Notre Dame de Cotonou ; un café littéraire ; la visite inter-collège et une rencontre avec le secrétaire permanent de la francophonie. Au terme, une dizaine de représentations vont être donnée à travers Cotonou et Abomey-Calavi en l’occurrence au Ccf et SOS village d’enfants d’Ab-Calavi. Soulignons que les Arts Vagabonds Rezo Afrik Bénin est une association qui œuvre pour un développement socioculturel et artistique de la jeunesse, tant au niveau national qu’à l’échelle internationale.

Présentation de l’Aepab à la presse

Sena Joy dévoile ses ambitions pour les femmes artistes

Les membres de l’Association d’entraide et de promotion des artistes Béninoises ( Aepab) avec à leur tête Sena Joy étaient face à la presse le vendredi 21 janvier 2011 à la Villa de l’Etoile. L’objectif de cette sortie médiatique était de présenter l’association au grand public et d’amener le gouvernement à s’intéresser à la vision de celle-ci.

Elles sont des artistes de différentes catégories notamment, des vedettes de la chanson, des actrices de cinéma, des actrices comédiennes et autres membres de l’Aepab. Existant depuis 1991, l’Association d’entraide et de promotion des artistes béninoises (Aepab) compte à ce jour des centaines de membres. Présidée par l’artiste Sena Joy, l’Aepab s’est fixé comme objectif précis d’œuvrer à la promotion des femmes artistes dont l’émergence n’est pas chose facile au Bénin alors que parmi elles, se trouvent de nombreux et valeureux talents. Dans son discours de présentation, la présidente Sena Joy a confié que la vision de l’Aepab est d’offrir aux artistes l’occasion de donner des spectacles dans leur localité ; permettre aux artistes femmes confirmées de mieux se faire connaître dans leurs différentes localités ; susciter entre elles, un élan de solidarité etc. Elle a continué en souhaitant que le Ministère en charge de la culture rentre effectivement dans ses attributions pour se doter d’un budget de fonctionnement conséquent. Cela permettra selon elle, de prendre en compte les différentes composantes de ce ministère. Pour finir, elle a rappelé que l’Aepab est apolitique et sa disposition n’empêche pas ses membres d’avoir leur opinion politique et de les exprimer le plus librement possible. L’Aepab a des objectifs à court et à long terme. Nous pouvons noter entre autres, l’organisation des ateliers de formation sur le rythme et la danse Azagada ; la poursuite des tournées de vulgarisation ; la promotion du rythme et la danse Azagada. Plusieurs prestations artistiques ont meublé la conférence de presse.

Distinction tam-tam d’Afrique Awards 2010

Le lauréat Kokou Afogbe reçoit officiellement son trophée

Distingué en juillet 2010, le lauréat Kokou Afogbe n’était pas au pays pour recevoir son trophée. A travers une soirée de gala, donnée à l’Hôtel Bénin Horizon samedi dernier, Il a officiellement reçu la distinction des mains du parrain de la cérémonie, l’honorable Dénis Oba Chabi.

Lauréat de la catégorie meilleur acteur du développement africain, Kokou Afogbe est pharmacien. Directeur général de la Centrale d’achat des médicaments essentiels et consommables médicaux (Came), il est un homme efficace et discret. Plus de la cinquantaine d’âge, il est marié père de neuf enfants. Il vient ainsi de rentrer dans la cour de ceux qui œuvrent corps et âmes pour promouvoir leur structure, leur action ou leur Etat. Dans sa présentation, le promoteur de Tam-Tam d’Afrique awards, Abdoulaye Aziz a confié que la distinction va à l’endroit de toute personne intellectuelle ou non et qui pose des actes de développement. Il a poursuivi en disant que ce trophée est un encouragement, une invitation à poursuivre des actes positifs de développement. Pour le parrain de la soirée, l’honorable Dénis Oba Chabi cette distinction vient hisser les mérites du lauréat qu’il connait très bien. De son côté, le lauréat de la soirée, Dr Kokou Afogbe a confié qu’il était surpris de ce prix et ne savait pas compte tenu de sa nature personnelle, qu’il pourrait être distingué par l’équipe de Tam-tam d’Afrique Awards. « Cette équipe cherchait à rentrer en contact avec moi, ce n’est qu’au début de cette année, à la faveur des présentations des vœux, qu’ils ont réussir à mettre la main sur moi pour m’annoncer que j’ai été retenu pour bénéficier de ce prix. Tout juste parce que je ne veux pas être en contact avec le monde des médias. Satisfaction parce que je me suis dis qu’il y a des gens honnêtes qui essaient de ne pas se fixer comme critères seulement ceux qui s’exhibent à la télévision, à la radio… mais l’impact que les actions de certains acteurs de la vie active ont sur les populations », a-t-il ajouté. Pour finir, il a laissé entendre ses défis : « Lorsque vous êtes publiquement propulsé devant, vous n’avez plus le droit de revenir en arrière. J’ai donc une responsabilité de faire beaucoup plus attention, mieux qualitativement et quantitativement que ce que j’ai fait jusque là pour toujours mériter leur confiance et de remobiliser toute mon équipe vers cette mission que le gouvernement béninois nous a confiée. Si j’ai pu être distingué parmi tout ce monde, c’est parce qu’ils ont su que de bon travail se fait par la Came et non par le Dg de la Came. Et lorsqu’on parle du travail de la Came, cela concerne tout le personnel que je félicite beaucoup. Nous avons l’habitude de dire qu’à la Came, nous formons une famille. Chacun là où il est doit travailler pour le développement de son pays. On n’a pas besoin d’être à un poste politique avant de le faire car, c’est la somme de tout ce que nous faisons qui contribue au développement de notre pays ». C’est une belle soirée qui est agrémentée par des prestations artistiques.

mercredi 19 janvier 2011

Festival du printemps Chinois 2011

Mr Bai Guangming annonce une dizaine de manifestations culturelles

Dans le cadre de la 2ème édition du Festival de printemps Chinois au Bénin, communément appelé Happy Spring Festival (HSF), le directeur du Centre culturel chinois, Bai Guangming a donné une conférence de presse ce jeudi 19 janvier 2011 dans la salle polyvalente dudit Centre. Il était assisté de Patrick Idohou, le directeur artistique et des autorités culturelles.

« Des expositions photographique et spéciale ; de défilé de mode ; du concours de créations artistiques ; de la soirée gastronomique; du carnaval ; des spectacles ». Telles sont entre autres, les manifestations culturelles qui vont meubler Happy Spring Festival 2011, annonçait le directeur du Centre culturel chinois, Bai Guangming à l’occasion de la conférence de presse. Selon lui, la fête du printemps est la plus grande et la plus animée d’entre les fêtes traditionnelles Chinoises et qui est célébré à travers le monde entier. C’est le premier jour du Nouvel an Chinois, rappelait-il, avant de préciser que c’est le 03 février 2011. Pour finir, il a confié que l’organisation de HSF rentre dans le cadre du renforcement des échanges et l’amitié entre la Chine et le Bénin. Pour Serge Dossou-Yovo, conseiller technique, représentant le ministre de la culture, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales (Mcapln), Happy Spring Festival (HSF) porte très haut la qualité et l’originalité. Ce sera une occasion de plus pour les Béninois de mieux apprécier et comprendre la culture Chinoise et de fêter ce Nouvel an qu’est l’année du Lapin également associée à l’élément métal.

Programme Happy Spring Festival 2011

Date : Vendredi 21 janvier 2011 ; Heure : 19h 00

Lieu : Salle polyvalente du Centre culturel Chinois

Activité : Ouverture officielle de HSF 2011/Exposition spéciale sur les traditions de la fête du printemps

Date : Samedi 29 janvier 2011 Heure : 19h 00

Lieu : Théâtre de verdure/Jardin et salle polyvalente du Ccc

Activité : Lancement du concours de créations artistiques sur le HSF 2011

Lancement de la semaine cinématographique chinoise ; projection de films (29 janvier au 04 mars février sur la Télévision nationale et au Centre culturel chinois)

Date : Jeudi 03 février 2011 Heure : 19h 00

Lieu : Théâtre de verdure du Centre culturel Chinois

Activité : Soirée gastronomique ; Concert live

Date : Samedi 05 février 2011 Heure : 18h 00

Lieu : Musée Honmè à Porto-Novo

Activité : Spectacle donné par une troupe chinoise avec la participation de l’orchestre du Cemaac

Date : Dimanche 06 Février 2011 Heure : 18h 00

Lieu : Salle rouge du Palais des congrès de Cotonou

Activité : Spectacle donné par une troupe chinoise avec la participation des artistes et une troupe de ballet Béninoise.

Date : Samedi 12 février 2011 Heure : 16h 00

Lieu : L’esplanade du Stade de l’Amitié

Activité : Carnaval ; Concert live

Date : Jeudi 17 février 2011 Heure : 19h 00

Lieu : Salle Polyvalente du Centre culturel Chinois

Activité : Défilé de mode

Date : Samedi 12 mars 2011 Heure : 19h 00

Lieu : Centre culturel Chinois

Activité : Délibération et remise de prix aux lauréats du concours de créations artistiques

Date : Samedi 26 mars 2011 Heure : 19h 00

Lieu : Salle Polyvalente du Centre culturel Chinois

Activité : Soirée de restitution et de remerciements à l’endroit des différents acteurs du HSF 2011.

Entretien avec Jacques Do Kokou, Délégué général de Recitel

« Le cinéma francophone africain doit être réorganisé »

Dans le cadre de Quintessence 2011, nous avons rencontré Jacques Do Kokou, Délégué général de Recitel, membre du jury de la Sélection Demain, c’est aujourd’hui. Nous avons échangé sur son festival Recitel et la situation du cinéma francophone en général. Selon lui, le secteur doit être réorganisé pour que chacun joue le rôle qui est le sien.

Quelles appréciations faites-vous de Quintessence 2011 ?

Je crois que c’est déjà une bonne chose que Quintessence soit à sa 9ème édition. Je profite de l’occasion pour encourager Jean Odoutan, malgré les difficultés, continue de se battre pour que le cinéma soit une réalité dans notre sous-région, en particulier à Ouidah, au Bénin et en Afrique en général. Si j’ai une comparaison à faire, je pense que cette édition à ces hauts et bas. L’essentiel que je pense qu’il faut retenir est que cette édition a drainé beaucoup de gens sur les lieux de projections. C’est ce que nous souhaitons d’ailleurs. Que les gens se mobilisent pour suivre nos films et que les images que le cinéma propose aillent au-delà de nos frontières.

Quelles sont les difficultés auxquelles votre festival est-il confronté ?

Les recitels sont comme Quintessence. Nos difficultés sont souvent liées au financement. Nous travaillons pour notre Etat, mais il se trouve que nous n’avons pas un accord favorable, c'est-à-dire l’accompagnement financier. Et souvent notre dernier recours, c’est l’extérieur alors que vous n’êtes pas sans savoir qu’aujourd’hui, presque toutes les portes se verrouillent petit-à-petit. Nous pensons qu’avec nos publiques nous arriverons à convaincre les autorités. C’est tout une école. Quand nous parlons de l’Europe, ils ne sont pas arrivés comme ça, mais ils ont franchi des étapes. Nous sommes à l’étape de croissance et ce qui doit compter, c’est le travail.

Bénéficiez-vous des financements européens destinés aux structures culturelles africaines ?

De temps à autre. Seulement que les européens ont une politique de financement. Ils peuvent trois fois de suite vous aider et de manière decrescendo. Les Recitel ont bénéficié du financement de Africalia lors de la première édition. L’année suivante, Africalia s’est délocalisé de certains pays comme le Togo, le Bénin, etc. Tout d’un coup, l’ambition de bien faire, d’aller en avant a reçu un grand coup. Donc, on essaie d’organiser modestement. Voila ce qui nous arrive, si nous comptons sur ces financements. D’un jour à l’autre, ces portes de financements seront fermées. Là, c’est notre cinéma qui en souffre. Je profite de l’occasion pour interpeller nos autorités, à tous ceux qui pensent que le cinéma peut apporter quelque chose ou soutenir le développement de nos pays.

Quels sont les acquis de Recitel de 2006 à ce jour ?

Je crois que les recitel ont permis de montrer au public et surtout à un certain nombre de responsables qu’il faut aider et promouvoir le cinéma. En 2010, nous étions à la 6ème édition et nous avons à chaque édition, formé une soixantaine de participants. Il est à noter que les 5 premières éditions ont enregistré la participation des pays étrangers. Les Recitel sont une rencontre internationale et nous appuyons surtout sur les pays frères et voisins comme le Bénin, la Côte-d’Ivoire et le Burkina-Faso. Les difficultés financières ne nous ont pas permis d’inviter à la 6ème édition des participants internationaux. Quelque part, à mon avis, c’est les participants qui doivent frapper à nos portes. Ce n’est pas à nous d’aller vers les participants. Nous sommes à l’ère du numérique, il revient aux participants de faire des recherches sur internet pour nous trouver. Mais, nous allons renforcer notre communication sur la 7ème édition qui se déroulera en deux temps notamment en juillet pour la formation et en novembre pour le festival. Je tiens à confier comme acquis, l’association des critiques de cinéma de Togo qui a été créée à l’issue de la première édition et qui se font connaître sur le plan international de jour en jours ; nous avons également un certain nombre de jeunes qui ont pris part à nos activités et qui ont déjà commencé par produire des films. Malgré les difficultés, le bilan est positif.

Que pensez-vous du cinéma francophone ?

Je pense que nous sommes entrain de mettre le bœuf devant la charrue. Si aujourd’hui, nous sommes devenus cinéastes, c’est parce que nous avons la chance d’aller dans les salles pour suivre des films. De nos jours, il n’y a plus de salles. Nos télévisions nationales ne sont pas disposées à diffuser nos productions. Si le cinéma doit évoluer, il doit y avoir des endroits où les gens peuvent suivre des films. Si nos films ne peuvent pas être vus dans les salles de cinéma, sur nos télévisions, qu’est-ce qu’il faut faire. Nous avons des financements de l’extérieur pour tourner des films. Une fois finie, nous nous retournons encore vers les bailleurs en particulier la France. Or, nos films sont destinés au public. Alors que le cinéaste francophone africain peine à faire un film. Disons que la cadence de productions d’un film en Afrique francophone est de 4 ou 5 ans. Nous pouvons citer et compter quelques uns qui arrivent à produire un film par an. Si les gens sortent leur film, il n’y a pas de salles pour qu’ils puissent faire la projection. Quand je prends l’exemple de Lomé, il y a deux salles qui sont plus ou moins en activités. Nous avons le Centre culturel français et l’Institut Goet. Nous avons un sérieux problème avec nos télévisions qui diffusent des télénovelas (films épisodiques de l’Amérique Latine). Les dirigeants de ces chaines pêchent en diffusant ces films, qu’ils acquièrent gratuitement de TV5 et du CFI. Alors, ils préfèrent attendre gratuitement les films. Tout cela m’emmène à dire que le cinéma francophone africain n’existe pas ni sur le grand écran ni sur le petit écran. Le cinéma africain francophone a plus de 50 ans. Soumanou Vieyra et d’autres ont fait Afrique sur scène, il y a plus de cinquante ans. Dans le temps, je peux dire que le Ghana et le Nigeria étaient entre griffe au moyen-âge. Après plus de cinquante ans, nous constatons que le cinéma francophone africain a régressé tandis qu’il y a le phénomène de Nollywood au Nigeria. Le cinéma avance là-bas, mais est-ce le cinéma ou la production audiovisuelle, je pense que c’est la production audiovisuelle qui fait mouche là-bas. Parlant de qualité y en-a-t-il vraiment ? Je crois que la production audiovisuelle Nigériane a donné un coup de fouet au cinéma de l’Afrique de l’Ouest. C’est des gens qui ont déjà créé des structures qui permettent à leurs productions de marcher. Je veux attirer l’attention sur le secteur. Au Nigeria, ils sont bien organisés et chacun joue son rôle que ça soit, le réalisateur, le producteur, le distributeur, le régisseur, le cameraman etc. Quand on arrive en Afrique francophone, il n’y a pas de producteurs, mais des réalisateurs. Mais où irions-nous avec ça ? Le secteur cinématographique francophone de l’Afrique de l’Ouest pour ma part, doit être réorganisé et pour qu’on sache qui est qui et qui fait quoi.