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jeudi 23 décembre 2010

Interview de John Migan sur la situation politique de la Côte-d’Ivoire

« Les chefs d’Etats africains doivent éviter de prendre une décision de force »

Très populaire et ayant longtemps séjourné en Côte-d’Ivoire, nous nous sommes rapprochés de l’évangéliste et chantre de l’éternel, John Migan pour avoir son avis en tant qu’artiste et homme de Dieu, sur la situation dans ce pays actuellement en proie à une instabilité totale. Très ouvert, il nous a révélé beaucoup de choses sur la situation qui prévaut en Côte-d’Ivoire et invite les chefs d’Etats et dirigeants africains à ne pas prendre une décision de force.

En tant qu’artiste béninois ayant longtemps vécu en Côte-d’Ivoire, que pensez-vous de la situation politique qui prévaut actuellement dans ce pays, votre seconde patrie ?

J’ai vécu en Côte-d’Ivoire pendant dix-huit ans et je continue d’aller là-bas. Ce qui se passe en Côte-d’Ivoire est purement spirituel et physique. C’est physique parce que l’homme qui est Gbagbo, en a marre des colonisateurs. C’est pour cela qu’il a enclenché une lutte. Depuis Houphouët Boigny et après sa mort, Gbagbo a découvert la ruse du colonisateur. Arrivé au pouvoir, il a commencé par changer la politique bilatérale de son pays pour faire de celui-ci, un pays véritablement indépendant. Il a rompu plusieurs traités entre la Côte-d’Ivoire et le colonisateur. Il a refusé par exemple de ne plus payer la dette de la construction du Palais présidentiel que la Côte-d’Ivoire payait depuis le temps d’Houphouët. Il a également rompu d’autres traités pour l’autonomie de son pays. C’est des comportements qui n’ont pas plu au colonisateur, d’où le début d’une guerre physique, c’est-à-dire un bras de fer entre Gbagbo et le colonisateur. Nous savons tous que nos colonisateurs ne nous ont pas rendus véritablement indépendants jusqu’à ce jour. Même nos conseils des ministres leurs sont envoyés. A leur niveau, ils décident de celui à choisir ou non. Quelqu’un qu’ils connaissent et peuvent ordonner. Alors qu’un vrai patriote ne peut accepter cette indépendance esclavagiste. C’est quelqu’un qui aime son pays et qui est prêt à se sacrifier pour l’intérêt de celui-ci. Si Dieu même qui nous a créé, nous a donné la liberté, pourquoi pas les colonisateurs ? Un patriote ne peut être à la solde du colonisateur pour adopter la politique du ‘’bénie oui-oui’’. Ces colonisateurs par tous les moyens, sont capables d’opposer deux frères. S’ils voient par exemple leur intérêt menacé, ils peuvent financer et monter l’opposition au régime en place. Ils peuvent contribuer aussi à la révision de la constitution d’un pays afin de maintenir à vie leur dauphin, histoire de sauvegarder éternellement leur intérêt. Nous avons vu et constaté cela dans plusieurs pays africains. C’est donc dans cette politique panafricaniste que Gbagbo mène une lutte. Si les autres chefs d’Etats africains peuvent comprendre ce système d’indépendance esclavagiste, ils verront que Gbagbo n’est pas aussi mauvais qu’ils le pensent. Si on considère les résultats de la Cei et celui du Conseil constitutionnel qui sont contraires, la communauté internationale devrait jouer un grand rôle. Ils devraient chercher à réunir les deux institutions pour trouver les solutions idoines. Ils peuvent étudier les possibilités d’une reprise des élections dans les villes où les résultats ont été annulés. Il faut dire que la situation qui prévaut entre Gbagbo et Ouattara n’est pas une question de pouvoir. Le souci de Gbagbo est de ne pas laisser son pays entre les mains du colonisateur. Ceux-là même qui ont commencé par rapatrier leurs ressortissants de la Côte-d’Ivoire. Ils entendent mettre la pression sur l’Union Africaine pour qu’elle utilise la force contre la Côte-d’Ivoire. Nous savons bien que cela ne ramène pas toujours la paix. L’exemple De l’Irak et d’autres pays est assez édifiant. La sagesse interpelle les chefs d’Etats de la Cedeao et de l’Union africaine à ne pas prendre une décision de force. Cette décision serait contre nous-mêmes parce que nous avons tous des ressortissants dans ce pays, qui y vivent depuis des générations. Alors, s’ils prennent une décision de force, ils seront l’auteur du massacre de nos frères. Dans la coutume africaine, nous avons l’art de réconcilier et de régler nos différends. Les Chefs d’Etats, normalement devraient partir en délégation dans ce pays, voir les deux frères au lieu de faire des réunions visant à appliquer les décisions de l’Union Européenne. Celle-là même qui les rendra responsable demain du mauvais sort de la Côte-d’Ivoire.

La situation est spirituelle en ce sens qu’aujourd’hui le monde vit dans un système. Pour être élevé, il faut intégrer ce système. Il regroupe presque tous les chefs d’Etats du monde, des hauts cadres, de grandes personnalités sociopolitiques, de puissants opérateurs économiques. Si tu n’es pas membre, tu n’auras jamais leur soutien. Il faut dire que c’est des sectes. Les membres sont de toutes les races. Je pense que ces sectes les mènent droit à la perdition. La parole de Dieu dit : « J’aime ceux qui m’aiment, et ceux qui me cherchent me trouvent. Avec moi sont la richesse et la gloire, les biens durables et la justice. Si c’est la gloire et richesse que vous voulez, retournez vers Jésus (Proverbes: 8 V: 17-18).

Selon vous, lequel des deux candidats mérite d’être président ?

C’est la Côte-d’Ivoire qui gagne quelque soit le candidat parce qu’un vrai patriote aime son pays et fait en sorte que la paix y règne. Je demande pardon à mes grands frères Ouattara et Gbagbo. Qu’ils cherchent un terrain d’entente à cause du Dieu vivant qui juge les vivants et les morts. Les hommes passent et la nation reste. Nous devons cultiver la paix pour notre pays, nos familles et les générations à venir.

Pensez-vous qu’une telle situation peut se produire au Bénin ?

Si les Béninois continuent à chercher leur intérêt personnel au dépend de celui de la nation, s’ils ne cessent de penser qu’à leur seul ventre, cela peut arriver. C’est des gens qui prennent l’argent du pays pour acheter et construire sous d’autres cieux, des maisons extravagantes et mettent la plupart de leurs biens à l’étranger. Comment peuvent-ils penser à leur pays. Le vrai patriote construit dans son pays pour le bâtir, crée de l’emploi aux jeunes et est un exemple pour ses frères. Il est un guide surtout quand il s’agit de créer une ambiance de paix.

Votre mot de fin

Pour 2011, je propose la paix de Jésus-Christ parce que celui qui a cet instrument est sage, honnête, aime son prochain, sa nation et laisse le pouvoir quand il le faut. Que Dieu bénisse le Bénin. L’Eternel dit : Si vous observez mes commandements et les mettez en pratique, je mettrai la paix dans le pays, vous dormirez sans que personne ne vous trouble ; je ferai disparaître du pays, les bêtes féroces, et l’épée ne passera pas dans votre pays (Lévitique 26. 3 et 6).

mardi 21 décembre 2010

Musée de l’art, de la vie active de Meshac Gaba

Le vernissage vendredi dernier au Financial Bank

Une trentaine de mannequins ont sillonné le 16 décembre 2010 quelques artères de la ville de Cotonou telles que : Marina hôtel, aéroport, Godomey, Etoile rouge, Commissariat central, Cinéma Bénin avenue Steinmetz missebo, Dantokpa, Carrefour des trois banques, Placodji et Financial Bank afin de montrer la beauté de la ville et le micro et macro économie qui sont présents dans la rue. C’est la deuxième parade après celle du 04 décembre dernier. Toutes ces œuvres sont exposées le lendemain au Financial Bank. En présence des autorités culturelles et passionnés des arts plastiques, le vernissage de l’expo s’est déroulé le vendredi 17 décembre 2010.

Dans la salle dite des présidents17 horloges avec l’image des 17 chefs d’états actuels sont accrochés au mur. Une horloge montre un bracelet avec des ombres de tête collée l’un contre l’autre dedans souhaitant l’unité africaine dont on rêve tous et qui n’existe pas. Trois réveils posés l’un à côté de l’autre sur des socles avec l’image de Patrice Lumunba, Kuamé N’krumah, Thomas Sankara symbolisant de la résurrection. 3 vitrines avec des montres comme on voit dans la rue sur fond noir. Ces vitrines sont posées sur une étagère blanche basse dans l’exposition. Cette section est représentée par 3 vitrines avec la photo de Kérékou comme capitaine sur la vitrine des traversées. Trois valises dénommées « Les Pères », « Héritiers » et « vitrée Traversée ». En général, telles sont les œuvres qui meublent les locaux de Financial Bank et dont le vernissage a été honoré. Pour Eric Totah, représentant le ministre de la Culture, ce projet permet de revisiter l’histoire de notre monde en se basant sur les grands hommes qui ont marqué notre temps, et qui ne sont plus. Sylvana Virchaux, responsable de Laboratorio, a pour sa part confié qu’ils ont proposé un parcours pour montrer la beauté de la ville et du micro, macroéconomie qu’ils considèrent comme les pièces d’art contemporain du Musée de l’art de la vie active (Mava) de Cotonou. Pour l’artiste Meschac Gaba, ce projet est initié pour susciter la création d’un musée d’art contemporain à Cotonou.

Biographie de Meschac Gaba

Né en 1961 à Cotonou, Meschac Gaba a fait ses études primaires et secondaires avant d’entrer dans l’atelier de Gratien Zossou en 1981 pour l’initiation à l’art. Après sa première exposition en 1989 au Centre culturel français de Cotonou, Meschac Gaba a été invité à Paris dans le musée d’Océanie et d’Afrique par l’organisation des Béninois résidents à Paris. Plusieurs expositions en Afrique de l’ouest ont marqué le parcours élogieux de Meschac Gaba. Ce qui lui a permis d’étudier de 1996 à 1997 à la Rijksakademie Voor Beeldende Kunsten en Amsterdam. Meschac Gaba a développé le musée d’art contemporain africain comme fin d’étude au Rijksakademie en 1997. Une grande opportunité pour Meschac Gaba d’exposer dans les quatre coins du monde. Il est régulièrement sollicité pour des projets d’exposition en Europe où il vit. A noter que Meschac Gaba a reçu plusieurs prix pour le mérite des œuvres.

Après 20 mois de séjour au Bénin

Le libanais Abou Regeili Antoine consacré Dah !

A travers une cérémonie, tenue le 20 décembre 2010 à Gbeto, les travailleurs tout département confondu de la Société Ménot Compagnie ont témoigné toute leur reconnaissance au sieur Abou Regeili Antoine, libanais résidant au Canada qui a conduit avec eux les travaux jusqu’au terme. C’était l’occasion de consacré ce dernier chef coutumier « Dah ».

« Il est comme un père. Il est solidaire. C’est un bon patron. Grâce à lui nous avons appris beaucoup de choses. De tous nos parcours sur les chantiers de construction de compagnie de pétrole, dans plusieurs pays d’Afrique, nous enregistrons souvent des morts. Cela n’est pas le cas sur ce chantier. D’abord nous rendons grâce à Dieu et disons merci au bon sens d’écoute, de compréhension et de gestionnaire d’homme qui est en Dah Abou Regeili Antoine ». Ce sont là, autant de témoignages dits, à tour de rôle par les représentants de chaque département de la société, dont les soudeurs, les mécaniciens, les génies-civils, les sableurs, les topographes etc. Prenant la parole, l’heureux du jour n’a pas manqué de remercier ces collaborateurs et en particulier Abdellah, Pdg de la société Mémot Compagnie, grâce à qui, il est venu au bénin et qui exécute la contraction d’un dépôt pétrolier dénommé « Bénin Petroleum Service (Bps)». « Je dois rejoindre ma famille qui ne m’a plus vu depuis ce temps. Vous allez me manquer », a-t-il laissé entendre froidement et émotionnellement dans sa conclusion. Notons que les travailleurs de cette compagnie viennent de plusieurs pays de la sous-région.

lundi 20 décembre 2010

Ccf de Cotonou

Le spectacle « Omi » sur les planches jeudi dernier

Après un mois de tournée nationale avec le spectacle « Omi », les Compagnies Segun Ola et West Africa Circus du Bénin ont donné le jeudi 16 décembre 2010.

Dans un décor pâle symbolisant la tristesse, une trentaine de musiciens instrumentistes, chanteurs, acrobates, comédiens et griots venus d'environ huit pays d'Afrique et d'Europe sont mis à contribution pour interpréter avec véhémence l’histoire d’un peuple qui est frappé par les affres de la sécheresse et qui se meurt. Structuré de paroles désespérées, émouvantes et révoltées, étayées de démonstrations acrobatiques extraordinaires, de la magie, de la danse, de la musique, le spectacle « Omi » a sensibilisé les spectateurs sur la question de l'utilisation de l'eau, l'assainissement et la gestion rationnelle des ressources de la nature et les conséquences du manque dans un pays. En résumé, « Omi » est l’histoire suivante : « On est à l'an 3010. N'en pouvant, plus, le chef de la localité fait recours à l'oracle qui lui conseille un rituel assez particulier, afin de mettre fin à la tourmente de son peuple. Ainsi débute l'intrigue de la pièce. Une femme enceinte désignée par l'oracle devrait accoucher et le fruit de ses entrailles devrait boire la dernière goutte d'eau disponible, afin que le peuple de ce village connaisse la paix. Mais, l'attente se fait malheureusement très longue, et l'impatience du peuple est à sa juste limite. Une seule solution s'offre. Eventrer la femme afin de sortir son fils mystérieux. Grossomodo, ce spectacle a offert une palette diversifiée de disciplines artistiques, dont le conte, l'acrobatie, la magie, la danse, la percussion, la musique. Pour le promoteur de la compagnie Segun Ola, cette pièce avait déjà suscité beaucoup d'engouement auprès des populations de tous les départements du Bénin. C’est la deuxième création de la première compagnie de cirque West African Cricus au Bénin, une composante de la compagnie Segun Ola Création, le spectacle «Omi» est une véritable révélation artistique. Des artistes Entre autre, soulignons, que la mise en scène est assurée par Segun Olabisi, la logistique, par Pactrick Kouassi, la chorégraphie est dirigée par Clément Kakpo, tandis que les Françaises Pauline Frucquet et Anne Léila Ollivier se partagent respectivement, la technique et le décor de la piéce.

Sortie discographique

L’album « Moral » de Tina Segle vendu à plus de 5 millions de Francs

A l’occasion de la cérémonie de lancement du premier album de Tina Segle, tenue au Conseil national des chargeurs du bénin (Cncb), le produit a été vendu à plus de 5 millions de franc Cfa.

En présence des parents, amis et mélomanes, la vente à l’Américaine de l’album « Moral », dirigée par Francis Hossou alias « Cancrelat du Tempo » a été vachement et passionnément accueilli. Cela vient d’enrichir la discographie béninoise. « Mikpon bonou », « Guélégbenou », « Gbenon », « Bénin vi », « Ayoninkagba » et «Moral » qui donne son nom à l’album sont les principaux titres qui composent le nouvel album de Tina Seglé et qui sera mis sur le marché discographique béninois le dimanche 19 décembre 2010 au Conseil national des chargeurs du Bénin (Cncb) laissait entendre l’artiste à l’occasion. C’est un album tradi-moderne en partie Tchink qui véhiculent et sensibilise sur les réalités africaines en général et celles béninoises en particulier précisait-elle. Produit et mastérisé en France, l’album « Moral » est une œuvre de Bdc Prod. L’artiste veut mettre sur le marché deux albums dont un destiné aux occidentaux et un aux africains lequel sera mis sur le marché. L’artiste est couturière de profession. Pour elle, la musique est un héritage de son père à laquelle elle s’est attachée pour avoir un parcours. Elle a pris pas des chorales de la Côte-d’Ivoire et de Cotonou pendant des années avant de faire la rencontre de son producteur Damien Pagan. Beaucoup de surprises meublent ce nouveau opus.