« Je mange donc je suis » de Vincent Bruno lance la campagne
Dans le cadre de la campagne alimenterre 2010 au Bénin, Credi Ong en collaboration avec la fédération agroécologique du Bénin (Faeb) a initié la première édition du festival de film alimenterre. Le film « Je mange donc je suis » de Vincent Bruno a ouvert le festival. Démarré samedi 16 octobre dernier dans les locaux de la Bourse du travail, ce festival prend fin le 23 octobre 2010.
Le film "je mange donc je suis" réalisé par Vincent Bruno et produit par la Coalition Contre la faim est l’un des cinq documentaires qui a été projeté pour ouvrir la première édition du festival du film alimenterre. Utilisée déjà dans différentes rencontres et conférences débat et autres, ce film a mis plus de deux an à être produit et dure 26 minutes. Analytiquement, le film tente de répondre au questionnement : « Comment comprendre que la majorité des personnes qui sont censées nourrir l’humanité, souffrent d’une situation catastrophique, marquée par le chômage, la pauvreté, l’exode et la faim ? » Plus d’une milliard de personnes sont affamés dans le monde. Ce chiffre nous saute aux yeux depuis les émeutes de la faim de 2008. Dans tous les grands colloques internationaux, une question se pose à présent : « qui va nourrir le monde ? » Et si la question était mal choisie ? Car les agriculteurs sont capables de nourrir l’ensemble de la population mondiale. En partant du quotidien des agriculteurs belge, le film commence un tour du monde agricole et alimentaire afin de comprendre quels sont les problèmes communs aussi bien en Europe qu’en Afrique ou au Brésil. On prend rapidement conscience que tout est lié et que chacun a son rôle à jouer dans la résolution du problème, qu’il soit politique, environnemental ou commercial. « Je mange donc je suis » tente de démontrer qu’un projet de société solidaire, durable et démocratique est plus que nécessaire. La souveraineté alimentaire, ce droit revendiqué par des milliers de mouvements sociaux à travers la planète, définie comme le droit des populations de choisir leur agriculture et leur alimentation sans que celles-ci ne portent préjudice aux droits des autres peuples, s’impose d’elle même. Dans son discours d’ouverture, le président de la Faeb, Simon Bodea a fait l’état des lieux des dégâts causés entre autre par le libre- échange et l’agrochimie sur l’agriculture paysanne du Bénin : pollutions de toutes natures, changements climatiques, destruction de la vie des sols, concurrence insoutenable des produits occidentaux sur les marchés locaux. Pour sa part, le secrétaire général du Credi-Ong, Martin Damien a confié que ce festival s’appui sur le thème de la campagne alimenterre 2010. Il a poursuivi en disant que « Alimenterre » est un thème mobilisateur et d’actualité. Le festival de films alimenterre s’est donné comme objectif de projeter et mettre en débat les questions crucials liées à l’alimentation et à l’agriculture, en France comme dans les pays pauvres, a-t-il confié pour finir. Les autres films en projection sont : « Food » de Robert Kenner, 1h30, 2009 ; « la légende de la terre dorrée » de Stéphane Brasey, 55 mn, 2007 ; « Madre (s) Tierra » de Anne Farrer, 43 mn, 2009 et « Au cœur de la proximité » de Nicole Petitpierre, 39 mn, 2009.
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