Dans les tout-prochains jours, un nouveau directeur prendra les reines du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb). Après quatre années passées à la tête de cette institution, le directeur sortant Orden Alladatin a fait le point de sa gestion à la presse. Plusieurs points ont structuré ce bilan. C’était hier dans les locaux du Fitheb, ex Ciné vog.
Après voir fait l’état des lieux du Festival avant son arrivée, Orden Alladatin a résumé sa gestion en des points suivants : programmation, communication, partenariats, subvention et acquis. En programmation, il a confié qu’au total, le festival de 2008 s’est articulé autour de 14 pays, 25 compagnies, 70 représentations dont 4 de théâtre populaire du Bénin, une table ronde sur « la place et le rôle de la culture dans les plans de développement des pays africains », un atelier de formation des régleurs, un village avec une foire commerciale et une animation par des artistes (67 artistes et groupes de musiques du Bénin tous les soirs pendant la durée du festival), un concours de chorégraphie et une exposition d’art déambulatoire avec le plasticien de renom Dominique ZINKPE. Selon lui, le festival est resté fidèle à son crédo qu’est le lieu de créativité et d’excellent ; une vitrine privilégiée de ce qui se fait de mieux sur le continent en matière de théâtre. Des réflexions intellectuelles à retentissement international sur le thème « Place et rôle de la culture dans les plans de développement des pays africains » ont été menées au cours d’une table ronde organisée en partenariat avec l’Ecole du Patrimoine Africain (EPA), a-t-il rappelé. Cette même thématique a été reprise par la Commission de l’Union européenne à travers le colloque organisé à Bruxelles du 1er au 03 Avril 2009 sous l’impulsion, entre autre de Madame Gabrielle Von Brochowski, à laquelle ont pris part les acteurs majeures mobilisés autour du FITHEB 2008 tels Ayoko Mensah, Etienne Minoungou, Alain Godonou Ousmane, ALEDJIBabakar N’DIAYE, a-t-il constaté avec fierté. Il a réussi à ramener les partenaires qui entre temps ont délaissé le FITHEB, tel le cas de cultures France qui a fortement appuyé cette édition et avec qui le FITHEB est en discussion pour des projets communs au long court et de nouveaux partenaires, notamment le Brésil, l’Allemagne, l’UEMOA ; la CEDEAO ainsi que des entreprises privées. Reconnaissant, il a cité entre autres, les institutions qui ont appuyé et soutenu le FITHEB 2008 : OIF, Coopération Française au Bénin (Ambassade de France) ; le Centre Culturel Français de Cotonou ; l’ambassade du Brésil au Bénin, l’Ambassade d’Allemagne au Bénin, la coopération Belge à travers le CGRI ; l’Institut Goethe ; 3A Télé Sud ; la SOPAT. La subvention du gouvernement Béninois s’est accrue passant de 125 000 000 en 2004 à 150 000 000 FCFA en 2006 et 200 000 000 en 2008, détaillait-il. Il reste cependant selon lui, la solution à l’éternel problème des procédures compliquées de décaissement et meilleur encrage institutionnel pour un véritable envol du festival. A titre d’exemple, remarque-t-il, le reliquat de 60 000 000 FCFA du au titre de la subvention de l’Etat au FITHEB 2008, organisé depuis Mars, a été encaissé par la Direction en Avril – Mai 2009 soit un an révolu après la clôture du festival. Cette lourdeur dans le processus de mise à disposition des fonds, met le festival à mal vis-à-vis de ses prestataires de services et des personnes impliquées dans son organisation ; ce qui constitue un frein réel à la professionnalisation et au rayonnement de ce bel instrument d’intégration, de promotion et de diffusion des œuvres théâtrales du Bénin et du continent. « Le FITHEB 2008 a mobilisé, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture, plus de sept cent cinquante artistes de ballet. La programmation du festival a permis a permis à 29 compagnies dont six béninoises et 04 mixtes (Compagnies ayant distribuées au moins un comédien béninois) de se produire sur les planches des cinq villes d’accueil du festival. Au total 175 comédiens (dont 80 béninois) ont été pris en charge par le volet Théâtres. Le village du festival a vu défiler la plupart des artistes de musique en vogue au Bénin. Au total, environ 200 artistes (chanteurs instrumentistes, danseurs et manager) se sont produits sur l’esplanade de la place du souvenir pendant le festival. Un cachet artistique de trente huit millions huit cent onze mille (38 811 00) FCFA a été payé aux articles béninois. D’autres artistes qui n’ont pas eu la chance d’être distribués dans l’une ou l’autre des créations programmées ont été enrôlés dans le comité d’organisation et les commissions techniques. Au total 240 personnes, en majorité des artistes, réparties sur les cinq villes, ont travaillé pour le FITHEB 2008 pour un cachet de trente sept millions trois cent vingt neuf mille (37 329 000) FCFA. Au total les artistes et Hommes de culture du Bénin impliqués dans la mise en œuvre du FITHEB 2008 ont reçu un cachet total de soixante seize cent quarante mille (76 140 000) FCFA soit 29,49 % du total des ressources financières mobilisées par direction du FITHEB 2008. Des retombées économiques sont significatives pour des entreprises béninoises et pour l’Etat. Le FITHEB 2008 a permis aux entreprises béninoises, d’engranger en une semaine plus de cent cinquante millions de Frans CFA et près de 15 millions de FCFA seront reversés au trésor public au titre au titre de la TVA. Une Edition sans GAP financier. Pour une nouvelle fois, le festival a été organisé sans GAP financier et la prestation entièrement soldés. Il reste que le régisseur de la subvention du FITHEB au Ministère en charge de la Culture, reverse les TVA retenues au trésor public. D’un avis général, l’édition 2008 du festival s’est bien déroulée et a été un succès aux yeux des festivaliers présents, de la presse et des observateurs. Toutes les compagnies programmées ont répondu présentes et les activités prévues en été entièrement exécutées, à l’exception de la causerie début sur le thème : Etre professionnel de théâtres en Afrique annulée du fait de l’audience accordée aux délégations présentes par le chef de l’Etat. La prochaine édition sera la dixième, une édition symbole qui mérite que l’on y travaille dès maintient avec professionnalisme, esprit de suite et de renforcement des acquis. AU DELA DES DEUX BIENNALES (2006 et 2008) Orden ALLADATIN et son équipe ont hérité d’un siège sans électricité, sans eau, sans téléphone, sans site internent et sans le moindre outils informatique (cf. discours de passation de service de M. Antoine Dadélé ; administrateur parovisoire du FITHEB à la prise de service de M. ALLADATIN). A cela s’ajoute une dette financière de plus cinquante millions de FCFA et beaucoup d’arriérés vis-à-vis de l’OBSS. Aujourd’hui, les arriérés de l’OBSS ont été soldés et une partie de la dette payée. Les bureaux du FITHEB sont tous climatisés. Ils sont dotés d’outils informatiques de qualité et deux photocopieuses de grandes marques trônent au secrétariat. Un site Internet est opérationnel. Le téléphone est fonctionnel et les bureaux disposent d’interphones. Malgré la réhabilitation du siège en souffrance depuis bientôt dix ans ; la direction a aménagé une salle de spectacle et accueille de façon régulière des créations ; des formations et des répétions. Le FITHEB a, depuis, une existence entre deux éditions et est devenu à coté du CCF, le point de convergence des artistes au Bénin

