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mercredi 28 janvier 2009

Religion traditionnelle au Bénin


« Gambada », le véritable socle de tous les vodouns

Dans les religions Vodoun au Bénin il en existe un, dénommé « Gambada ». Au vu et à l’entendement des gens, c’est le plus redoutable. Générateur de puissance à tous les vodouns, Gambada est miséricordieux. Nous avons poussé notre curiosité pour en savoir plus. Nous sommes partis à Ouidah, la capitale culturelle du Bénin pour rencontrer les initiés de ce vodoun, en l’occurrence le Chef suprême du Conseil de l’ordre du vodoun Gambada au Bénin, Zanzan Zinho Klèdjè et autres adeptes. Ils nous ont raconté l’histoire de ce vodoun, sa manifestation et qui en sont les initiés.

Chaque fois qu’on entend parler du Vodoun Gambada, on a peur. On ne sait pas de quoi il est capable. Mais, on sait qu’il est le plus dangereux. Son nom suffit pour terroriser. Quelle est cette puissance que les hommes fuient pour vivre sans problème. Pour Zanzan Zinho Klèdjè, grand chef du Conseil de l’ordre du vodoun Gambada au Bénin, l’origine de ce Vodoun date de longues années. « Il est comme tous les vodouns qui se nourrissent du colas, en l’occurrence le « Mami » et le « thron ». « Ce sont nos grands-parents qui l’ont acheté au Ghana dans le temps, pour lutter contre les sorciers et régler à leur manière les problèmes de litige. Arrivé au Bénin pour la première fois, il est accueilli à Tokpa Daho, dans la commune de Sègbohouè. Celui qui l’avait amené s’appelle Koudagban, fils de Sodogandji, chef suprême du Vodoun « Hêbiosso », dieu de la foudre à Ouidah. Il l’adorait pour avoir des enfants parce qu’il n’en avait pas. Il l’appelait étymologiquement « Dan Bada », c’est-à-dire un esprit de serpent à trois têtes. Dans la langue Mina, on l’appelle « Kambada ». Au fil des années, les prononciations l’ont dénaturées en « Gambada ». C’est à travers ces termes que le prêtre et grand chef du Conseil de l’ordre du Vodoun Gambada au Bénin, nous fait la genèse et l’origine de cette religion.

Manifestation de Gambada

Très généreux et très puissant, il nourrit tous les vodouns. « Il fait beaucoup de bien à ceux qui se confient à lui pour avoir la protection. Une femme qui n’a pas d’enfant peut se confier à lui. Elle l’aura au plus dans dix mois. Le Vodoun guérit les maladies mentales. Il sert de ferme-camp aux footballeurs. Il purifie l’homme du mauvais sort », a cité Zanzan Zinho, parlant des bienfaits de ce Vodoun. « Mais, les grands-parents l’utilisaient pour renvoyer en exil, recommander à quelqu’un de se tuer et pour prendre la femme d’autrui » a précisé le grand chef. « Si tu t’accroches à ce Vodoun les sorciers ne pourront jamais t’atteindre, plus, ils te fuiront partout. Tous les vodouns utilisent une partie de sa puissance » a confié Sanvi, un initié et serviteur de Zanzan Zinho. De nos jours, les prêtres refusent de pratiquer le Vodoun sous l’angle négatif, comme le faisaient les grands parents. Pour les nouveaux prêtres de la génération moderne, ce vodoun est honnête et qu’on lui soit réciproquement. « Pour avoir la puissance au même titre que les grands parents, il faut faire le carême pendant quarante et un jours sans se laver », a rappelé le grand chef. Le Vodoun Gambada est représenté par les objets tels que la queue du cheval, la poudre, le sifflet, du parfum, de la bougie. Les temples du Vodoun Gambada sont repartis sur tout le territoire national. Chaque département a un leader. Le président de tous les leaders est le sieur Zanzan Zinho Klèdjè. Il est intronisé par le roi Dagbo Hounon. A la fin de chaque année, tous les leaders vont à la forêt rencontrer l’esprit du Vodoun pour renforcer les puissances de chaque temple. Le jour de repos du Vodoun est le lundi. Comme les musulmans, les adeptes de ce vodoun font leur messe les vendredis de 10h à 14h. « Blékété » et « Dodohoun » sont les rythmes qui sont chantés pour louer et remercier le Vodoun.

Qui sont les initiés ?

Ils sont de toute religion « Le Vodoun accepte tout le monde. Il exige l’honnêteté de ses adeptes. Il faut respecter ses préceptes tels que l’interdiction de manger la viande du porc, de la pâte d’hier, l’haricot rouge pour ne citer que celles-là », a expliqué l’initié artiste musicien Andoche Adjovi. Pour lui faire des sacrifices, on appelle son esprit et il demande des animaux comme le buffle, le bœuf, la poule, le canard … », a-t-il renseigné.